• 23rd November 2009 - By dhadad

    Journal (I) Média

    webzine des étudiants en journalisme de l’UQAM

    Une mémoire qui ne se perd pas

    «Si une journée dans l’année, des milliers de gens se réunissent encore pour pleurer leurs morts, leurs ancêtres, alors cela restera la preuve irréfutable que le génocide juif a bien eu lieu», déclare Asher Cohen, pensif.

    Le jeune étudiant en finances est le président de Hillel UQAM, l’association des étudiants juifs de l’université. Il accepte d’accorder une entrevue à Journal(I)Media à la suite d’un émouvant témoignage. Edouard Balter, survivant de la Shoah, était venu donner une dernière conférence à l’UQAM, le 5 novembre dernier. L’événement avait été organisé par Hillel UQAM. M. Cohen tient à préciser que la conférence-témoignage de M. Balter fait partie d’un devoir de mémoire. Selon lui, il s’agit non seulement du rôle de tous les Juifs de ne pas oublier la Shoah, «mais aussi celui de chaque être humain».

    Dans la culture juive, de nombreux événements historiques sont rappelés par des dates. Le jour de Yom Hashoah, fêté en mai ou en avril selon le calendrier hébraïque, célèbre les disparus du génocide et les héros de la résistance. C’est bien de cette façon que la mémoire collective juive se préserve. Dans le cas où l’on voudrait faire croire qu’il n’y a jamais eu de génocide du peuple juif (comme l’a déjà fait le président iranien), quand les survivants ne seront plus (on pense notamment à Marek Edelman) et quand toutes les preuves physiques (photos, bâtiments) seront démontables, il ne restera plus que ces rassemblements, une journée dans l’année.

    Pour Edouard Balter cependant, le temps passe mais les souvenirs demeurent. Dans une atmosphère parfaitement silencieuse, l’octogénaire raconte l’antisémitisme progressif dans sa petite ville de Pologne, l’intimidation au quotidien, les conditions du camp de Buchenwald où il a été envoyé à quatorze ans, sa famille décimée… Il en rêve encore. Lorsqu’on lui demande ce qui lui a donné la force de survivre à la terreur, il répond: «Ma mère m’avait prédit que je survivrais. Elle m’a dit d’aider les moins chanceux après la guerre, ce que j’ai fait.» Depuis la fin de l’Holocauste, M. Balter a reçu de nombreux messages d’espoir et donné de plusieurs conférences.

    La mémoire du peuple est aussi inscrite dans ses prières; Le nom de Jérusalem et le désir d’y retourner sont mentionnés dans chacune des trois prières que les Juifs doivent faire chaque jour. La bénédiction d’après chaque repas mentionne aussi Jérusalem. La terre d’Israël est donc non seulement présente dans les textes sacrés mais aussi dans les rituels religieux quotidiens, ce qui explique le souhait de certains Juifs de retourner sur leur territoire ancestral, «même après 2000 ans d’exil forcé», complète Asher.

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